Avant même l’assassinat de Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021, des propositions avaient été mises sur la table pour élaborer des scenarii de sortie de crise après la polémique autour de la date de fin de mandat du président défunt. À présent, trois principaux accords sont en jeu. Celui dit du 11 septembre, conclu entre le Premier ministre Ariel Henry et une partie de l’ancienne opposition. Celui du PEN, le protocole d’entente nationale, « un accord de circonstance, signé 2 jours après la mort de Jovenel Moïse, par une partie des partis politiques d’opposition et le pouvoir (…) un accord qui est quasiment mort-né », explique notre invité, Frédéric Thomas, docteur en Sciences politiques au Cetri, le centre tricontinental basé en Belgique, selon qui le troisième accord, dit de Montana « fruit de plusieurs mois de travail », est « le plus large, le plus consensuel, le plus élaboré et le plus radical puisqu’il vise une transition de rupture, sur une période de 24 mois pour refonder l’État ». Mais s’il est l’accord le plus légitime, « il est obligé de trouver un minium de consensus avec des partis politiques qui ne sont pas inscrits dans cet accord », souligne Frédéric Thomas qui déplore qu’Ariel Henry dont le pouvoir « souffre de crédibilité et de légitimité » soit encore celui « qu’appuie la Communauté internationale en tentant d’écarter, d’occulter l’accord de Montana et les tentatives de la société civile d’arriver à une vraie transition ».