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Mali : contesté par la rue Ibrahim Boubacar Keïta dissout la Cour constitutionnelle

Suite aux exigences du Mouvement du 5 juin, la Cour constitutionnelle du Mali vient d’être dissoute. Le président Ibrahim Boubacar Keïta cherche à calmer les tensions nées notamment de la décision de l’institution d’invalider une trentaine de résultats issus des élections législatives de mars-avril 2020.

Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali depuis le 4 septembre 2013.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé ce samedi 11 juillet 2020, la dissolution de la Cour constitutionnelle du pays. La mesure vise à calmer les tensions politiques et sociales qui secouent le pays depuis plusieurs semaines. «  J’ai décidé d’abroger le décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et d’aller vers la mise en œuvre des recommandations issues de la mission de la CEDEAO », a annoncé le président IBK.

Cette décision intervient au lendemain des violences qui ont fait au moins quatre morts et une vingtaine de blessés à Bamako, selon le dernier bilan.

Depuis quelques semaines, le pouvoir malien est vivement contesté par le mouvement dit du 5 juin, mené par une coalition d’hommes religieux, de membres de l’opposition et de membres de la société civile. Si la situation économique et sécuritaire catastrophique du pays vaut au président Keïta d’être critiqué, c’est la récente décision de la Cour constitutionnelle au sujet des résultats des élections législatives de mars-avril qui a mis le feu aux poudres.

L’institution a en effet invalidé les résultats dans plusieurs circonscriptions électorales, une démarche qui a favorisé plusieurs candidats proches du pouvoir.

Le renvoi des neuf membres de la Cour constitutionnelle est l’une des exigences des manifestants, en plus de la dissolution du Parlement et de la formation d’un gouvernement de transition. « Cette dissolution de fait de la Cour va nous conduire dès la semaine prochaine à demander aux autorités compétentes la désignation de membres pour que rapidement, une Cour reconstituée nous aide à trouver les solutions aux contentieux issus des élections législatives  », a également indiqué le chef de l’Etat.

Pour l’instant, rien n’indique que cet énième effort d’apaisement des tensions de la part du pouvoir en place réussira à mettre fin aux manifestations.

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Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du CETRI.

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