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Les dessous des déchets

Les déchets saturent notre planète. Tandis que les discours dominants pointent la consommation individuelle et glorifient le recyclage, ils occultent les responsabilités industrielles, les inégalités sociales et les ravages environnementaux. Repenser les déchets, c’est questionner nos modes de production, nos logiques de consommation et les rapports de pouvoir pour construire des alternatives justes et durables.

Les déchets polluent le monde. Nul ne le conteste. Ils sont omniprésents, surabondants. Ils contaminent l’air, l’eau, la terre… et même l’espace. Le monde croule sous ce qu’il produit, consomme et rejette. Une réalité, connue et sue de toutes et tous, dont les images-chocs indignent. Un « continent » de plastique dérive dans les eaux du Pacifique ; Katmandou, Beyrouth ou New Delhi sont asphyxiées sous les ordures ; des territoires du Sud sont transformés en décharge du Nord ; des récupérateur·trices de déchets bravent à mains nues des montagnes de résidus toxiques. Toutes ces scènes, largement relayées, ont alimenté une prise de conscience mondiale et suscité une réaction quasi unanime : il faut, de toute urgence, mieux gérer nos déchets !

Si cette injonction semble, de prime abord, empreinte de bon sens, elle s’appuie pourtant sur des présupposés rarement discutés. Sous une apparente neutralité, les discours dominants sur les déchets véhiculent des récits simplificateurs, souvent alignés sur les intérêts de ceux qui en sont les principaux responsables. En focalisant l’attention sur les comportements individuels ou les solutions techniques et en reléguant au second plan des dimensions essentielles telles que les logiques de surproduction, les injustices socio-environnementales ou l’extractivisme, ces discours façonnent le sens commun et orientent, souvent silencieusement, les politiques publiques.

Ce processus relève d’une stratégie de cadrage. Nommer un problème, c’est déjà en tracer les contours, déterminer ce qui compte et ce qui peut être laissé hors-champ. Or, cette opération n’a rien de neutre. Elle amplifie certains aspects du débat et en occulte d’autres. Elle oriente ainsi la manière dont le problème est perçu et traité. En structurant l’imaginaire politique, ce schéma d’interprétation façonne aussi les solutions possibles. Il est largement produit et relayé par des acteurs influents – industriels, expert·es, gouvernements, médias, voire certaines ONG – dont les intérêts convergent autour d’une lecture consensuelle et technicisée du problème. Il fonctionne ainsi comme un outil de pouvoir, capable de fabriquer du consentement et de susciter l’adhésion à une certaine manière de voir et d’agir.

Dès lors, interroger ces grilles de lecture, en décrypter les logiques, est un préalable indispensable pour dépasser les faux consensus, ouvrir de nouvelles pistes et repolitiser un enjeu souvent réduit à une question de bonne gestion. Une démarche qui impose une première interrogation : que désigne-t-on par le mot « déchet » ?

Déchets : de quoi parlons-nous, au juste ?

« Déchet » vient du latin cadere, tomber. Son préfixe dis- suggère la mise à l’écart, l’éloignement. Il désigne ce qui est hors d’usage, hors-champ, hors monde. Par extension, il incarne la déchéance, le stigmate infligé aux objets, mais aussi, comme nous l’examinerons ultérieurement, aux personnes et aux sociétés qui en héritent ou en vivent.

Au-delà de l’étymologie et du sens premier du mot, notre connaissance des déchets est intimement liée à l’expérience quotidienne que nous en avons. Or celle-ci varie en fonction des réalités géographiques, sociales, économiques ou professionnelles dans lesquelles chacun·e s’inscrit. La perception du déchet, les gestes qui consistent à jeter, à conserver ou à s’en protéger dépendent étroitement des contextes, des positions sociales et des ressources mobilisables.

Aux lecteur·trices de ces lignes, le mot « déchet » évoquera probablement une image familière et domestique : celle des ordures ménagères (sacs poubelle, emballages, restes alimentaires, objets cassés). Ce focus mis sur les déchets produits par les individus, après consommation, contribue toutefois à entretenir une représentation partielle et biaisée du problème. De ce fait, deux dimensions majeures sont laissées de côté.

Tout d’abord « nos » déchets ne naissent pas dans nos cuisines ou nos foyers, mais bien en amont, lors des étapes d’extraction des matières premières et de production. Dans l’Union européenne, seuls 8,9% des 2,2 milliards de tonnes de déchets générés chaque année sont des déchets « municipaux » (Parlement européen, 2024). Ces derniers englobent les déchets des ménages, mais aussi ceux issus des commerces, des bureaux et des institutions publiques. Les ménages ne sont donc pas les uniques responsables de cette contribution de 8,9%.

En réalité, la plus grande part des déchets provient du secteur industriel. En 2022, les secteurs de la construction, de l’exploitation minière et de l’industrie manufacturière représentaient à eux seuls plus de 70% du total des déchets produits ; le reste provenant d’autres activités économiques. Cette disproportion n’est pas propre à l’Union européenne. Une estimation souvent citée suggère que 97% des déchets produits à l’échelle mondiale proviendraient d’activités industrielles, contre seulement 3% pour ceux d’origine municipale. Si ce ratio est sujet à discussion, il conserve toutefois une valeur indicative forte qui permet d’illustrer l’ampleur de l’invisibilisation des déchets industriels dans les politiques publiques et les discours dominants (Gregson, 2023). Ce phénomène s’inscrit dans ce que l’on appelle un « cadre d’amplification » (Hird, 2022). Certains déchets sont médiatisés, comptabilisés et moralement répercutés sur les individus, tandis que d’autres, souvent plus massifs et structurels, restent invisibles ou dépolitisés.

Ce déséquilibre met en lumière une deuxième dimension clé : la tendance persistante à faire peser sur les individus, les ménages et les municipalités la charge de la gestion des déchets. Cette hyper responsabilisation s’observe notamment dans la manière dont sont formulées les statistiques. Le Parlement de l’Union européenne (2024) souligne ainsi que « chaque habitant·e produit en moyenne cinq tonnes de déchets par an ». Ce type d’énoncé contribue à naturaliser l’idée que les individus sont les principaux générateurs de déchets. Or, comme le souligne Max Liboiron (2024), les consommateur·trices ne « produisent » pas de déchets, ils et elles ne sont qu’un point de passage dans le cycle des objets conçus pour être jetés.

Ce biais ne se limite pas au discours politique ou institutionnel. Il se retrouve également dans la recherche en sciences sociales. L’approche dominante privilégie l’étude des déchets municipaux. Dans les pays du Nord, les travaux portent principalement sur la consommation domestique et les pratiques des ménages, tandis que dans les pays du Sud, l’attention se concentre sur les défaillances de la gouvernance urbaine et sur le rôle des ramasseur·euses informel·les dans les systèmes de traitement. D’un côté, les déchets sont présentés comme un problème de consommation, de l’autre, ils sont liés à la pauvreté, au travail et à la crise des déchets urbains (expansion des villes, hausse de la consommation, augmentation et diversité des matériaux).

Cette perspective a eu pour effet collatéral de renforcer une dichotomie artificielle entre Nord et Sud, comme si ces espaces évoluaient séparément. Elle occulte leurs interconnexions, qu’il s’agisse de flux « d’idées » (concepts, modèles et pratiques de gestion des déchets), de capitaux ou de matériaux. Elle a aussi concentré l’attention sur certains segments de la chaîne d’approvisionnement mondial, en particulier la phase postconsommation. Le reste du cycle de vie des biens et produits a été largement ignoré. Ce biais a ainsi empêché de comprendre les dynamiques qui relient l’amont industriel au traitement des déchets en aval.

En focalisant l’attention sur les comportements individuels et les pratiques de consommation, cette approche a négligé des flux cruciaux (industriels, miniers, énergétiques, transnationaux), ainsi que les dynamiques globales d’extraction, de fabrication et de distribution. Elle a ignoré les structures économiques et industrielles qui les soutiennent, laissant entendre que la solution relève uniquement des choix de consommation responsables, plutôt que d’une remise en cause des modèles productivistes et de la surconsommation.

Les êtres humains sont-ils naturellement gaspilleurs ?

Une idée largement répandue présente les êtres humains comme intrinsèquement gaspilleurs. Ce lieu commun ne résiste toutefois pas à l’examen de l’histoire des déchets. En effet, celle-ci révèle que leur accumulation massive est un phénomène récent. Jusqu’à la fin du 19e siècle, la notion de déchet, au sens d’un résidu inutile destiné à l’abandon, n’existait pas dans la plupart des sociétés. Les restes organiques, les matériaux en surplus, les objets usés étaient compostés, réparés, réutilisés et intégrés dans des cycles de transformation.

En Europe occidentale, l’essor urbain et l’effervescence industrielle de la seconde moitié du 19e siècle ont progressivement compromis ce cycle. Une rupture dite « métabolique » s’est opérée. Les échanges de matière entre les sociétés humaines et leur environnement sont devenus plus linéaires. Les ressources commencèrent à être extraites, transformées, consommées, puis rejetées sous forme de déchets, sans restitution aux écosystèmes.

L’« invention » du gaspillage a constitué un tournant décisif de la modernité industrielle, révélant un changement profond dans le rapport aux objets et aux matériaux. Si les pénuries de la Seconde Guerre mondiale ont temporairement prolongé certaines pratiques de récupération au lendemain du conflit, le glissement était déjà amorcé. Dès 1932, Bernard London, promoteur immobilier new-yorkais, prônait l’idée d’« obsolescence programmée » comme moteur de relance économique et remède à la Grande Dépression. Cette « brillante idée » ouvrait ainsi la voie à un marché de la consommation inépuisable, fondé sur le renouvellement rapide des biens.

Deux décennies plus tard, en 1956, Lloyd Stouffer exhortait, à son tour les industriels de sa génération à abandonner la logique de réutilisation pour miser sur l’usage unique, décrétant : « l’avenir du plastique est à la poubelle ». Cette vision prophétique a scellé le triomphe du mode de vie jetable. Jeter n’était plus condamné ni stigmatisé. Au contraire. Cela devenait un acte valorisé socialement, vecteur de croissance, de confort et d’abondance.

Cette fuite en avant de la « société du jetable » a entraîné une explosion sans précédent des volumes de déchets dans les pays industrialisés. Les répercussions se sont propagées bien au-delà de ces régions. Du fait de l’essor du commerce mondial, de l’internationalisation des chaînes de valeur et de la diffusion d’un modèle consumériste, la « crise des déchets » s’est progressivement mondialisée. Elle a touché l’ensemble de la planète et a frappé encore plus durement les pays du Sud. Aujourd’hui, la production annuelle de déchets solides municipaux a dépassé les deux milliards de tonnes dans le monde. Elle pourrait atteindre 3,4 milliards en 2050, soit une augmentation de 70% (Banque mondiale, 2018). Cette hausse spectaculaire ne représente pourtant que la pointe de l’iceberg. Rappelons-nous, en effet, le ratio « déchets ménagers vs déchets industriels » évoqué plus haut.

Le cas des plastiques, étudié par Larisa de Orbe dans cet ouvrage, est particulièrement alarmant. En analysant la pollution au Mexique, elle met en lumière l’ampleur d’un phénomène mondial. La production de ce matériau est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 460 millions aujourd’hui. Le volume de leurs déchets quant à lui, a plus que doublé en vingt ans. Il pourrait même être multiplié par trois d’ici 2060 (OCDE, 2023). Ce constat est d’autant plus inquiétant que plus des deux tiers de ces plastiques sont des objets dont la durée de vie n’excède pas cinq ans, voire est limitée à quelques jours ou même quelques minutes. Pourtant, leur dégradation durera jusqu’à 1000 ans.

Les pratiques liées aux déchets ne sont ni universelles ni immuables. Ce qui est considéré comme un déchet ici peut être perçu comme une ressource ailleurs. La frontière entre rebut, bien d’occasion et matière première reste ténue. La décision d’éliminer ou de conserver un objet ne relève pas d’un réflexe instinctif, mais de cadres sociaux et économiques en constante évolution. L’histoire du gaspillage montre d’ailleurs que les êtres humains ne sont pas naturellement gaspilleurs. Ils le deviennent, dans un système qui valorise le jetable, accélère la consommation et découple la production de ses conséquences écologiques.

Les déchets sont-ils des externalités des systèmes industriels ?

Dans les systèmes industriels, les déchets – tout comme la pollution - sont fréquemment qualifiés d’« externalités négatives ». En économie, ce terme désigne les effets indésirables d’une activité subis par des populations ou des territoires, sans qu’ils en soient à l’origine ni qu’ils en tirent bénéfice. Ces impacts ne sont ni pris en compte ni compensés par les mécanismes du marché.

Mais réduire ces effets à de simples externalités ne rend pas compte de leur dimension systémique. Il ne s’agit pas de défaillances ponctuelles ou de sous-produits accidentels des systèmes industriels. Au contraire, ils sont constitutifs de ces derniers, qu’ils soient capitalistes et axés sur l’enrichissement personnel, ou socialistes et orientés vers le bien collectif (Liboiron, 2024). Selon Kapp (2015), il est dès lors plus juste de les envisager comme des « coûts sociaux », qu’il définit comme : « l’ensemble des pertes et dépenses, directes et indirectes, présentes et futures, qui sont supportées par des tiers ou par la collectivité dans son ensemble du fait des impacts sociaux, sanitaires et environnementaux des modes de production et de consommation ».

Les entreprises génèrent richesse et croissance, mais elles restent déconnectées des coûts réels qu’elles imposent aux sociétés et aux écosystèmes. Le principe du « pollueur-payeur », inscrit dans de nombreuses politiques environnementales, prétend rétablir une « vérité des prix » en intégrant les coûts dans le calcul économique. Dans les faits, ce principe demeure largement inopérant, souvent contourné et rarement à la hauteur des dommages causés. Il transforme la compensation en « permis de nuire » et convertit la destruction en variable économique négociable. Il consacre ainsi une forme contemporaine de « colonialisme toxique », concept sur lequel reviendra Daniel Prieto Sánchez, dans ces pages.

En effet, ces stratégies déplacent les coûts environnementaux, sanitaires et sociaux vers des territoires « sacrifiés ». Elles prennent notamment forme dans des industries telles que la fast fashion. Des vêtements y sont produits en masse, à bas prix, à partir de fibres synthétiques et deviennent rapidement des déchets textiles et plastiques, dont une partie sera exportée vers des pays du Sud, en particulier en Afrique (Leroy, 2024).

Dans ces périphéries de l’économie mondiale, les régulations sont souvent laxistes, la gouvernance fragile et les populations peu protégées. Les effets destructeurs frappent surtout les groupes les plus vulnérables, exacerbant les rapports de pouvoirs et les inégalités. À l’instar de la pandémie de covid-19, la crise des déchets est un révélateur des inégalités qui façonnent nos sociétés. Pour s’en convaincre, explorons quelques situations analysées dans ce livre.

Un premier niveau d’injustice réside dans la répartition spatiale des nuisances : les infrastructures polluantes (décharges, incinérateurs, centres de traitements, etc.) sont majoritairement implantées dans des territoires marginalisés, exposant de manière disproportionnée les populations les plus précaires. La littérature sur la justice environnementale (Gregson et Crang, 2015) a largement montré que la répartition des nuisances environnementales obéit à des logiques de pouvoir, de classe, de genre et de race, et que de nombreux mouvements sociaux se sont mobilisés pour contester ces inégalités.

Dans cet Alternatives Sud, Diana Teresa Pakasi et Marini Purnamasari analysent le cas de Lombok, une île indonésienne. L’industrie touristique y a produit un afflux massif de déchets, qui excède largement les capacités des infrastructures locales. Sous pression, les autorités publiques ont privilégié le développement touristique et la propreté urbaine pour les visiteur·euses. A contrario, ils ont sacrifié les besoins fondamentaux des communautés locales dans une logique néocoloniale. Devant cet abandon des autorités, des initiatives communautaires ont vu le jour pour assurer le tri, le nettoyage et la revalorisation des déchets. Ces mouvements sont principalement menés par des femmes, à l’image des banques de déchets.

Un deuxième registre d’injustice environnementale concerne l’exploitation intensive de ressources naturelles et la production de déchets toxiques issus d’activités industrielles. Une illustration de cette problématique est apportée par Cabrera et del Palacio, qui dénoncent, dans leur article, les pratiques de l’entreprise Comarsa, en Argentine. Cette dernière exploite la réserve de schiste de Vaca Muerta par fracturation hydraulique. Des centaines de milliers de mètres cubes de résidus toxiques, issus de cette activité, ont été déversés et abandonnés à proximité des zones habitées, sans respect des réglementations et sans projet de réparation ou de sanction.

Enfin, dans le prolongement de cette logique d’externalisation des nuisances, un troisième registre d’injustice environnementale concerne le commerce transnational des déchets. Dagna Rams analyse, plus loin dans cette publication, les flux de déchets électroniques acheminés vers Accra par des importateurs de la diaspora ghanéenne installés dans des pays du Nord. Ces échanges traduisent un mode d’organisation du capitalisme technologique structuré en trois étapes. Tout d’abord, la « vie du profit des entreprises » se développe : les producteurs maximisent leurs gains, tout en contrôlant la garantie et la maintenance. Ensuite, la « vie d’usage » fait son apparition : les appareils hors garantie sont réparés et réutilisés localement. Enfin la « fin de vie » conduit ces objets au statut de déchets. Ils sont alors traités par des ferrailleur·euses et recycleur·euses informel·les, dont le travail dangereux et sous-valorisé soutient, en bout de chaîne, l’approvisionnement mondial en métaux.

Cette filière, si elle souligne les asymétries existantes entre Nord et Sud, nuance l’idée d’un Sud global décrit comme simple « paradis des déchets » ou réceptacle passif des déchets du Nord. Elle met en lumière la complexité des chaînes globales de valeur, et la continuité entre « production », « usage » et « déchet » dans un système économique mondialisé. Elle illustre également la manière dont le rapport aux technologies épouse les lignes de fracture du monde : entre consommation protégée et usage risqué ; entre promesse de progrès et exposition à la vulnérabilité.

Cette logique de déplacement des coûts, souvent invisible, devient particulièrement tangible lorsqu’elle est perturbée à l’échelle mondiale. En juillet 2017, l’interdiction par la Chine d’importer des déchets destinés au recyclage – connue sous le nom de la National Sword Policy [1]– en constitue un exemple emblématique. Avant cette mesure, la Chine recevait quotidiennement des milliers de conteneurs de déchets. Environ la moitié des plastiques collectés dans l’Union européenne était envoyée à l’étranger, dont plus de 85% vers la Chine [2]. L’arrêt brutal de ces importations a provoqué une panique sur les marchés mondiaux, bouleversant les flux de matières destinés au recyclage et révélant au grand jour la dépendance historique des pays industrialisés.

Pour faire face et rebondir, les pays exportateurs ont d’abord cherché des destinations alternatives. L’Union européenne a opté pour les pays d’Asie du Sud-Est ; les États-Unis, pour l’Amérique latine [3]. Rapidement submergés, ces pays ont, à leur tour, fermé leurs frontières. Faute de solutions suffisantes, les pays « émetteurs » ont alors été contraints d’accumuler leurs déchets sur leurs territoires. Face à l’incapacité de traiter la surabondance des matériaux jetés, le stockage, l’enfouissement et l’incinération ont été intensifiés, suscitant des inquiétudes quant à une possible « fin du recyclage » (Semuels, 2019).

Même si les différents scénarios évoqués surviennent à des échelles distinctes, ils illustrent néanmoins une même logique, celle d’un modèle industriel fondé sur le transfert permanent des nuisances vers les marges du monde. Les déchets ne sont pas des résidus accidentels. Ils sont des vecteurs d’« accumulation par dépossession » (Harvey, 2004), lorsque terres, ressources et travail sont appropriés au profit de la croissance. Ils sont aussi des instruments d’« accumulation par pollution » ou « contamination » (D’Alisa, Demaria, 2024), lorsque les coûts écologiques, sociaux et sanitaires sont transférés vers des territoires sacrifiés. La gestion des déchets révèle ainsi les rouages d’un système qui enrichit le capital, épuise les ressources, déplace ses dommages et invisibilise celles et ceux qui les subissent.

La solution du recyclage : pour le meilleur et pour le pire

Face à l’accumulation croissante des déchets, le recyclage s’est imposé comme une réponse à la fois séduisante et ambivalente. Pour en comprendre les enjeux, nous adopterons ici une perspective centrée sur les déchets issus de la consommation, même s’ils ne représentent qu’une part marginale du volume total. Deux raisons justifient ce choix. Tout d’abord, leur forte visibilité capte l’attention du public, nourrit les inquiétudes collectives et met les décideur·euses politiques sous pression. Ensuite, ils révèlent l’emprise croissante des logiques financières sur leur gestion, transformant un enjeu écologique en une affaire de marché.

Les déchets incarnent le revers du productivisme. La société veut les cacher pour préserver l’image d’une croissance maîtrisée. Ils sont donc relégués aux périphéries dans une logique d’élimination qui vise à faire disparaître la trace de l’« immonde ». Cette gestion par la mise à distance (abandon, mise à la décharge, incinération) traduit une volonté de purification. Il faut effacer le déchet pour préserver la continuité du cycle production-consommation.

Avec le tournant environnemental des années 1970, marqué notamment par la première Journée de la Terre et le rapport Meadows sur « les limites de la croissance » (1972), les pouvoirs publics ont commencé à considérer les déchets comme un enjeu écologique et politique majeur. La saturation des décharges, la pollution des sols et des eaux ou les crises locales des ordures aux quatre coins du monde ont révélé l’impasse d’un modèle fondé sur l’élimination pure et simple. L’émergence de la conscience écologique, puis du développement durable dans les années 1990, a incité les États à assumer davantage leur responsabilité environnementale.

Pour répondre à l’augmentation croissante des déchets, des cadres et outils normatifs ont été élaborés. La « hiérarchie des déchets » s’est imposée comme un des instruments les plus utilisés par les gouvernements locaux, régionaux et nationaux, ainsi que par des organisations supranationales comme les Nations unies ou l’Union européenne [4]. Inspirée de l’échelle de Lansink, datant de 1979, elle a consacré un ordre de priorité entre les méthodes de traitement de déchets, plaçant la « prévention » et la « réutilisation » en tête, suivies du « recyclage » et de la « valorisation », avant l’« élimination ».

Cette échelle a connu de nombreuses adaptations, mais le principe initial est resté le même. Il s’agit de privilégier les actions les plus durables en remontant les étages de la pyramide. Dans la pratique, force est toutefois de constater que les gouvernements, les industries et de nombreux acteur·trices de la société civile se sont concentrés sur les échelons inférieurs. Le « recyclage », en particulier, s’est imposé comme le symbole d’une gestion dite responsable de l’environnement. Ce procédé s’est hissé au rang des priorités politiques mondiales, promettant tout à la fois de réduire les déchets et de freiner l’épuisement des ressources. Mais derrière ce discours vertueux, se cachent des effets pervers et des intérêts économiques qui méritent d’être interrogés.

La valeur environnementale du recyclage

Le recyclage n’est pas une solution miracle. Si le compostage local des déchets alimentaires constitue un exemple positif, il reste marginal par rapport au recyclage industriel. Celui-ci constitue un processus lourd et énergivore qui pèse sur les écosystèmes et contribue au dérèglement climatique. En outre, certains procédés libèrent des déchets dangereux à travers la génération de sous-produits [5] (by-products) ou le recours à des substances chimiques toxiques, comme celles employées pour retirer l’encre du papier. Par ailleurs, tous les matériaux n’offrent pas le même potentiel de recyclage. Certains, comme le verre, peuvent être récupérés presqu’à l’infini et être régénérés à l’identique. D’autres, comme le plastique ou le papier, se dégradent au fil des cycles, perdant progressivement en qualité : on parle alors de « décyclage » ou de downcycling.

Contrairement à une idée répandue, le recyclage ne réduit pas l’extraction des ressources primaires. Ainsi, même dans l’hypothèse où tous les métaux rares contenus dans les ordinateurs portables, les smartphones ou les batteries de voiture, étaient intégralement recyclés, l’offre issue des déchets électroniques resterait insuffisante face à la demande croissante en équipements (Hird, 2022). À mesure que la consommation augmente, le déficit à combler par de nouvelles ressources continue de croître, démontrant un effet rebond. Autrement dit, les progrès en matière de recyclage ne remettent pas en cause le cycle de surproduction et d’extraction intensive. Ils tendent même à le soutenir, en donnant l’illusion d’une circularité infinie.

Les coûts environnementaux s’alourdissent enfin avec la logistique du transport. Dès l’échelle locale, les matières doivent être collectées, triées et acheminées, souvent sur de longues distances, mobilisant camions, carburant et installations à forte intensité énergétique. À l’échelle internationale, le commerce des déchets amplifie cette aberration écologique. Des États-Unis vers le Mexique et l’Équateur (GAIA, 2022), de l’Union européenne vers la Turquie, la Norvège, le Royaume-Uni ou l’Inde, des flux de matière parcourent des milliers de kilomètres pour être transformés (Parlement européen, 2024).

La valeur marchande du recyclage

Les déchets postconsommation, longtemps perçus comme de simples externalités négatives, tendent désormais à être requalifiés en ressources, capables d’alimenter de nouvelles chaînes de production. Ce glissement sémantique traduit un changement de paradigme qui vise à résoudre la tension entre croissance industrielle et responsabilité environnementale.

En réalité, le recyclage fonctionne avant tout comme un instrument de légitimation. Il permet aux industriels de rendre leurs pratiques acceptables aux yeux d’un public sensible à la cause environnementale, mais sans compromettre leur impératif de rentabilité. Les entreprises pétrochimiques (Ralston et Taggart, 2025 ; Dauvergne et al., 2025), agissant de manière indépendante ou par l’intermédiaire de fondations ou de groupes de façade, ont ainsi entretenu l’illusion d’une solution à la crise des déchets plastiques. Elles se sont « engagées » dans la voie du recyclage, mais « sans obligation de résultat » (Larbi Bouguerra, 2024). Aujourd’hui, les chiffres sont sans appel. Sur les quelque 450 millions de tonnes de plastique produites chaque année, 91% ne sont pas recyclées (OCDE, 2023). Les 9% restantes sont transformées en produits de moindre qualité, avant de terminer, à leur tour, à la poubelle.

Le plastique montre les limites du recyclage. Loin d’être une véritable solution environnementale, il obéit avant tout aux logiques du profit. La valeur écologique d’un déchet tend à se confondre avec sa valeur marchande, de sorte que seul ce qui est économiquement rentable est réellement recyclé. Un déchet dont le coût de traitement excéderait le gain tiré de la revente des matériaux recyclés sera, dans la plupart des cas, éliminé plutôt que valorisé.

Pendant de nombreuses années et jusqu’à 2017, le recyclage est resté bon marché grâce à l’exportation de flux massifs de matières vers la Chine. Ce système a permis aux pays industrialisés d’externaliser hors de leurs frontières la charge économique et environnementale des déchets. Ils évitaient ainsi d’avoir à investir dans leurs propres filières de traitement. Ce fragile « équilibre » s’est toutefois brutalement rompu lorsque le gouvernement chinois a interdit l’importation de déchets étrangers. Les coûts du recyclage ont alors augmenté, révélant la dépendance structurelle des pays exportateurs et l’insuffisance criante de leurs capacités locales de gestion.

Les déchets n’ont toutefois pas disparu du marché. Ils sont restés une source de profit et leur traitement demeure un business très lucratif. En 2012, la Banque mondiale estimait ainsi que le coût de la gestion des déchets urbains solides dans le monde était de 205 milliards de dollars et atteindrait 375 milliards en 2025 (Banque mondiale, 2012).

Dans ce contexte de rentabilisation croissante, la logique économique s’est élargie, au-delà du recyclage traditionnel, vers des formes de valorisation plus intensive en capital. Ce mouvement a conduit au passage progressif de la mise à la décharge à la valorisation énergétique des déchets (VED). Cette dernière consiste à transformer les rebuts en électricité ou en chaleur. L’incinération, déjà pratiquée de longue date, a connu un fort essor dans les années 2010, notamment grâce à des investissements chinois. Aujourd’hui, environ 15% des déchets collectés dans le monde sont incinérés dans ce type d’installation. Ce marché, estimé à 42 milliards de dollars (Weghmann, dans cet ouvrage), est dominé par des multinationales telles que Veolia, China Everbright, Waste Management Inc., etc.

L’intérêt du capital financier pour la VED est double. D’une part, ces infrastructures requièrent des investissements lourds qui offrent des rendements stables et durables. D’autre part, les contrats de gestion conclus avec les municipalités garantissent un retour sur investissement sur plusieurs décennies. Dans ce contexte, acteurs financiers et industriels s’allient pour structurer un marché dont ils maîtrisent à la fois les règles et les flux. Ces contrats imposent ainsi des volumes minimaux de déchets à traiter et définissent des cahiers des charges stricts sur la nature des matériaux collectés, verrouillant ainsi les conditions d’exploitation au profit des opérateurs privés.

Alors que la pression des déchets urbains s’accroît sur tous les continents, les pouvoirs publics ont tendance à déléguer leur gestion à des opérateurs privés, misant sur des solutions techno-industrielles, supposées plus efficaces et vertes. Pourtant, comme le souligne Vera Weghmann dans sa contribution, la transformation des déchets en ressources énergétiques conduit à un double paradoxe. Tout d’abord, elle génère des émissions de CO2 élevées : « Par unité d’énergie générée, les émissions de CO2 des systèmes de valorisation énergétique des déchets plastiques sont plus élevées que celles des systèmes actuels de production d’énergie à partir de combustibles fossiles ».

Ensuite, elle stimule la production de déchets au lieu de la réduire. Les incinérateurs, voraces en matière, exigent des volumes constants et élevés. Comme le souligne cette formule évocatrice : « construire la bête, nourrir la bête ». Cette logique conduit dès lors à des dérives absurdes, telles que le détournement de déchets recyclables vers l’incinération, l’importation massive de déchets ou encore l’arrêt d’installations coûteuses faute de « combustible ».

Ainsi, loin d’incarner une solution durable, la valorisation énergétique profite avant tout aux industries et aux marchés financiers. Elle perpétue une économie fondée sur l’accroissement des flux matériels, tout en se parant d’un vernis écologique. Si les déchets sont désormais convoités comme source d’énergie, ce basculement passe sous silence les coûts environnementaux considérables liés à ces infrastructures.

La valeur sociale du recyclage

Dans certaines villes du Sud, les systèmes municipaux peinent à répondre aux besoins en matière de gestion de déchets. Les récupérateurs et récupératrices y jouent alors un rôle central dans le tri et la valorisation. Il s’agit de « personnes qui collectent des matériaux réutilisables et recyclables dans les poubelles résidentielles et commerciales, auprès de grands producteurs de déchets, dans les décharges et les espaces publics afin de les réutiliser ou de les recycler, pour gagner leur vie » (www.wiego.org). Selon l’Organisation internationale du travail, entre 15 et 20 millions de travailleur·euses dans le monde vivent de cette activité, exercée essentiellement de manière informelle (idem).

Grâce à leur travail, ces acteurs et actrices réduisent les quantités de déchets, détournent des matériaux des décharges et contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le coût de cette gestion est dérisoire pour les autorités locales. Selon l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, 60% du plastique recyclé dans le monde est collecté par ces récupérateur·trices (Laville, 2023). Pourtant, en dépit de son rôle essentiel, cette main-d’œuvre reste largement exclue des politiques publiques, dénigrée et stigmatisée. Ce travail s’exerce dans des conditions précaires, sans protection sociale ni rémunération adéquate. Les femmes, épine dorsale des systèmes de collecte et de recyclage, y subissent des discriminations et une division sexuée du travail. Elles occupent les postes les plus pénibles et les moins valorisés et perçoivent des revenus inférieurs à ceux des hommes. En outre, elles cumulent ce travail avec leurs tâches domestiques et de soin (Leroy, 2024).

La structuration de ces acteur·trices en coopératives et associations a constitué un levier d’action pour rompre avec l’invisibilité sociale, revendiquer une reconnaissance juridique et améliorer leurs conditions de vie et de travail. En Colombie, en Inde ou en Afrique du Sud, des mouvements de récupérateur·trices se sont mobilisés pour sécuriser leur emploi, et favoriser leur intégration dans des systèmes municipaux formels de gestion des déchets. Le recyclage inclusif peut ainsi concilier bénéfices environnementaux et promotion de la justice sociale.

Cependant, cette intégration est loin d’être automatique. Comme le soulignent Ankush Pal et Anubhav Kashyap dans leur article, les réformes et politiques de privatisation mises en œuvre, à New Delhi, sous couvert de modernisation, ont renforcé l’exclusion et l’invisibilisation des waste pickers. La priorité a été donnée aux technologies à forte intensité de capital et de carbone et aux entreprises privées, au détriment des récupérateur·trices informel·les. L’application de nouvelles réglementations a conduit à un harcèlement accru, à la criminalisation et à l’expulsion des récupérateur·trices de leurs lieux de travail, au motif d’avoir continué à collecter des matériaux recyclables.

Conclusion

Face à l’emballement de la crise mondiale des déchets, il apparaît évident que ni le « bien jeter » individuel ni le recyclage à grande échelle ne constituent des réponses suffisantes. Le « solutionnisme technologique » (Pajot, 2025), promu dans les sphères politiques et industrielles, entretient l’illusion que l’innovation et l’efficacité technique suffiront à contenir le désastre environnemental. Cette vision s’attaque aux symptômes plutôt qu’aux causes et laisse intactes les contradictions du modèle productiviste néolibéral. Elle évacue les rapports de pouvoir et les inégalités et réduit les enjeux sociétaux à de simples dysfonctionnements ou déficiences à corriger.

Les déchets constituent un miroir des rapports de domination et des inégalités qui structurent nos économies mondialisées. Ils révèlent qui produit, qui profite et qui subit. Derrière les promesses d’économie circulaire et de valorisation se cachent des logiques de déplacement des responsabilités et de marchandisation. Les industries et les marchés financiers tirent profit des rebuts, tandis que les populations et travailleur·euses marginalisé·es en subissent les conséquences.

Repenser le monde des déchets suppose donc de dépasser les fausses solutions du verdissement industriel et de replacer la justice sociale et environnementale au centre des politiques publiques. Cette transformation exige de rompre avec la logique de surproduction et de consommation effrénée. Tant que le cycle linéaire – extraction, fabrication, usage, rejet – perpétuera les atteintes à la nature et aux droits humains, la crise des déchets restera insoluble. Ralentir l’exploitation des ressources, freiner la croissance matérielle – voire l’inverser dans nos sociétés surconsommatrices – et repenser nos besoins sont désormais des impératifs.


Footnotes

[1. « Politique de l’épée nationale ».

[2. En 2016, l’UE a exporté environ 1,4 million de tonnes de déchets plastiques vers la Chine. En 2018, ces exportations ont chuté à 50000 tonnes et en 2019, à 14000 tonnes (Eurostat, 2020).

[3. Pour le cas du Mexique, lire Larisa de Orbe dans cet ouvrage.

[4. La « hiérarchie des déchets » est adoptée dans la Directive-cadre sur les déchets (2008/98/CE) et dans l’Agenda 2030 des Nations Unies avec l’Objectif de développement durable 12, en 2016.

[5. À la différence du déchet, le sous-produit est une substance ou un objet issu d’un processus de production dont le but premier n’est pas la production de ce bien.


bibliographie

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Les déchets du monde : envers du décor

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This article was published in our quarterly publication Alternatives Sud

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